Pauvre petit chien !

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Le mardi 29 mars 2016 – École élémentaire Sainte-Aurélie, Strasbourg (67).

  • 12 enfants en classe de CM2
  • Avec Laure Canaple
  • Durant 2h
  • Les thématiques abordées : le détournement, l’imaginaire, l’absurde, la société de consommation, les héros du quotidien.
  • Images proposées : Dog Friendly, 2014 © Thomas Mailaender / Spiderman (série « La véritable histoire des super-héros », 2005-2010) © Dule Pinzon

À l’issue d’un trimestre entier à réfléchir et pratiquer la photographie dans le temps périscolaire, les douze enfants participants se sont vus proposer à l’occasion de leur ultime rendez-vous une séance de jeu Les Mots du Clic. Les douze élèves se sont séparés en deux groupes et ont retrouvé, consciemment ou non, des problématiques abordées lors de leur atelier hebdomadaire intitulé « Des visages et moi ».

Thomas Mailaender, l’auteur de la première image, travaille la photographie et l’assortit de techniques issues de l’installation, de la sculpture ou la vidéo. Le photographe adopte un point de vue distancié où l’absurdité tient le plus grand rôle. Cinq enfants se sont ainsi confrontés à l’image d’un « dogburger », tenu par un bras nu, anonyme, comme une sorte de trophée. D’abord choqués par cette image qu’ils trouvent triste et « dégueu », les enfants s’exclament rapidement : « Pauvre petit chien ! ». Brandi comme un vulgaire sandwich, ce symbole du compagnon fidèle semble voir sa fin proche au profit de l’insatiable faim de son maître. Le groupe d’enfants a ainsi pu s’intéresser à ce qu’ils définissent comme une « action imaginaire » qui pourtant révèle et dénonce bien des choses sur nos habitudes de consommation.

« C’est une action : le chien se transforme en hot-dog imaginaire. C’est amusant. » « C’est amusant, un chien s’est transformé, c’est une action imaginaire. » (Rania, Selima, Samira, Mursal, Maximilien)

La seconde image proposée au groupe d’enfants interroge l’idéal du super-héro. La série de dix-neufs images de Dule Pinzon rend hommage aux hommes et femmes qui parviennent tant bien que mal, sans pouvoir surnaturel aucun, à supporter de difficiles conditions de travail afin de subvenir aux besoins de leurs familles. Les enfants s’interrogent sur le quotidien des superhéros, sur leurs occupations en dehors de leurs prouesses, mais peinent à démêler seuls la critique sociale de ce qu’ils perçoivent comme l’indéniable utilité de détenir des super-pouvoirs…

« L’image représente l’histoire cadrée d’une action. » « L’image représente une action qui fait partie d’une histoire cadrée. » (Nadia, Dounia, Sachka, Artjom)

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