Le Mois de l’Autre # 4

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Le lundi 21 mars 2016 – Lycée des Métiers CFA Heinrich Nessel, Haguenau (67).

  • 23 élèves de seconde en Bac Pro Électricité/Électrotechnique
  • Avec Laure Canaple et Agathe Kervadec
  • Durant 2h
  • Les thématiques abordées : société de l’information, quête identitaire, photojournalisme, adolescence
  • Images proposées :  Le Vie Russe © Guillaume Chauvin | Fargminton, Missouri, Etats-Unis © Alain Kaiser | Mummy Ahmadu and Mallam Mantari Lamal with mainasara. Abuja, 2005 © Pieter Hugo | Sans titre (série « Un été »), 2005 © Marion Poussier

 

Le lundi 21 mars, c’était au tour des élèves du Lycée des métiers d’Haguenau de se confronter à l’exercice de la lecture d’images dans le cadre du Mois de l’Autre. Pour ce quatrième atelier « Les Mots du Clic, du mot à l’image, de l’image au mot », nous avons choisi de traiter le thème de l’identité culturelle à travers une sélection d’images liées au photojournalisme.

 

Si les débuts semblent difficiles : « Il n’y a rien à dire sur cette image », les langues se délient rapidement et le débat s’ouvre sur la photographie d’Alain Kaiser. L’image dégage une sensation étrange. Les individus pris à rire ensemble paraissent appartenir à des univers différents. Les élèves notent ici une hétérogénéité vestimentaire entre les protagonistes. Au centre un homme caucasien en polo assis à son bureau, autour de lui, des indiens vêtus de leurs parures. Selon les élèves, le costume des amérindiens tient du déguisement. Par le biais des contrastes présents dans les détails, les élèves abordent la question de la mutation de la société et de ses mœurs.

« Cette image a été prise soudainement, on peut observer des détails foisonnants. On les verra partout sur ce cliché réussi, pris au bon moment quand tout le monde vit sur un mélange de cultures. Ces personnes sont amusées car ils ont peut-être (on peut deviner) vu une image « drôle » sur l’écran de l’Imac. » (Aurélien, Maxime, Bryan, Grégory, Matthieu)

Chez Pieter Hugo, c’est l’origine du lieu qui questionne le groupe. Barrières, poussières, bâtiments désaffectés donnent à voir un terrain proche du chantier. Au premier plan, une hyène, chaîne au cou, est allongée entre ses deux maîtres. Les élèves sentent qu’ils sont face à une culture éloignées de la leur et tentent de la décrypter en la situant dans l’espace.

« Ce lieu est pauvre, très pauvre. Il a l’air très sec. Il a également l’air de cacher quelque chose. » « Représentation réelle d’un lieu qui a toujours été détruit, partout. » « Ce lieu est très pauvre, ainsi que détruit. Des endroits de ce type se trouveront partout et toujours sur la Terre entière. C’est une simple réalité mais ce lieu nous paraît lointain et inhabituel. L’auteur veut représenter la pauvreté du monde entier. »

Dans la photographie de Guillaume Chauvin, les élèves n’ont aucun mal à situer l’action : « ça se passe en Russie ! ». Au milieu de la foule, assise sur les épaules de son père, une fillette tient un fusil en plastique. L’arme au centre de l’image a fait l’objet de l’analyse : représentation symbolique, signe de puissance, de pouvoir, arme de guerre. Les réactions sont vives et nourrissent les clichés véhiculés sur la Russie. A l’inverse Guillaume Chauvin désire les déconstruire en donnant paradoxalement à voir une vision stéréotypique de la Russie, amenant le regardeur à s’interroger sur la réalité des choses.

« L’objet, l’arme factice, isole la personne qui la porte. C’est l’unique arme visible sur la photo, elle est surélevée par rapport à la foule. Le photographe voudrait toujours dénoncer la violence de l’arme et de la guerre. »

La représentation de l’espace fait parfois résonance à des souvenirs familiers. La photographie extraite de la série « un été » de Marion Poussier présente au premier plan deux jeunes filles abordant deux garçons assis sur leurs serviettes de plage, une scène banale du quotidien qui rappelle les amours de vacances. Mais l’attention du groupe a surtout été retenue par le brouillard épais qui masque toute visibilité sur la mer. La photographie leur apparaît comme terne et peu séduisante, c’est alors l’occasion d’aborder la photographie dite de « communication », celles postées sur Instagram ou Facebook, celles qui nous mettent en valeur. Marion Poussier pose ici la question identitaire : comment se situer, se positionner vis-à-vis de l’Autre ?

« Le lieu est la plage. Elle est cachée par le brouillard. Ce lieu lointain a toujours existé. L’auteur cherche à nous révéler nos souvenirs de vacances perdus. » (Axel, Maxime, Ludovic, Victor)

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