Le Mois de l’Autre # 2

Mois de l'Autre © Agathe Kervadec

Le mercredi 9 mars 2016 – Lycée Andrée Siegfried, Haguenau (67).

  • 20 élèves de Seconde, Services de Proximité et Vie locale (SPVL)
  • Avec Laure Canaple et Agathe Kervadec
  • Durant 2h
  • Les thématiques abordées : culture et société
  • Images proposées : Sans titre, 2003 © Cindy Sherman / La Fautive,1995 © Michèle Sylvander / Série « Bleus de travail », 2002-2003 © Charles Fréger / Apiculteur © Hans Silvester / Louxor Egypte, 1992 © Martin Parr.

 

A l’occasion du Mois de l’Autre, l’équipe de Stimultania s’est rendue au Lycée professionnel André Siegfried de Haguenau pour aborder les notions de vivre ensemble et d’interculturalité grâce à l’outil Les Mots du Clic. Nous avons proposé une sélection d’images orientant le regard sur l’interdépendance de la culture et de la nature mais également en questionnant les stéréotypes des sociétés.

Ainsi les enseignantes se sont prêtées au jeu et y ont vu en l’outil un intermédiaire efficace entre les étudiants et l’analyse d’image. Confrontées à des élèves de différents niveaux, elles souhaitent le tester avec d’autres publics.

Du côté des élèves, les images ont suscité l’engouement et la curiosité.

Dans l’autoportrait de Cindy Sherman, leur attention a été retenue par la vivacité des couleurs. Bronzée et fardée à outrance, la modèle se présente à nous dans une pose classique, devant un fond jaune simulant un couché de soleil. Les contrastes colorés créés par l’opposition entre les teintes chaudes de l’arrière plan et le bleu profond de la robe perturbent leurs regards. Naturellement les élèves focaliseront leur réflexion sur la couleur pour glisser progressivement vers l’interprétation.

« Les couleurs de l’image sont opposées car dans le bas, les vêtements de la femme représentée et ses yeux bleus se détachent du fond de l’image aux couleurs chaudes, simultanément jaune et orange. Les couleurs de cette image sont disposées partout, de façon provocante. La couleur jaune orangée de l’arrière plan peut faire penser au temps chaud, comme l’été, d’où peut être son bronzage prononcé. »

Le jeu est ici l’occasion de mobiliser les connaissances acquises pendant le cursus scolaire et notamment le vocabulaire technique comme le terme « arrière plan » ou les commentaires qualifiant et traduisant le rôle de la couleur dans cette image.

L’image extraite de la série « bleus de travail », quant à elle, illustre un garçon en uniforme qui semble se confondre avec la machine en arrière-plan, si bien qu’il semble ne faire plus qu’un avec ses rouages. Ce détail n’a pas manqué de toucher les élèves. Les deux groupes qui se sont retrouvés face à l’image se sont concentrés sur la machine en choisissant des mots qui faisaient référence aux cartes « technique » et « lieu ». L’interprétation, si elle passe par des formulations différentes, est commune : une telle prise de conscience récurrente chez les élèves constitue un des points forts du jeu.

Un des autres intérêts du jeu réside dans le choix des verbes désignant la « volonté » du photographe qui amène tout naturellement l’élève à se prononcer sur l’intention de l’auteur.  Ce fut notamment le cas avec La Fautive de Michèle Sylvander où trois verbes ont surgi pour définir la finalité de l’outil. La résolution sera amenée par la dernière carte « référent ». C’est ainsi par la suite logique des cartes et le débat entre les membres du groupe que les étudiants ont réussi à définir les mots, et ont trouvé un consensus quant à l’intention de l’auteur.

Les élèves ont aussi pu avoir un aperçu d’un autre mode de vie à travers le reportage de Hans Silvester. La composition de la photographie permet de faire naître une réflexion sur le rapport à la nature, aux traditions, à une culture. Un homme soulevant un panier en osier se présente face à nous dans un cadre bois exprimant un équilibre de vie, une harmonie entre l’homme et la nature.

Dans un tout autre registre, Martin Parr donne à voir des modes de vie et de pensées éloignées des représentations occidentales. Il joue de cet écart en photographiant des touristes britanniques sur un site égyptien, invitant les regardeurs à s’interroger sur l’importance des détails, des attributs, du regard et de la composition de l’image. Cette série de photographies a pu permettre aux élèves de seconde de s’interroger sur les croyances et les stéréotypes évoluant dans nos sociétés occidentales.

« Des touristes dispersés autour d’un sculpture pour pouvoir soudainement prendre des photographies et explorer cette ville pour en garder de merveilleux souvenirs. »

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