Formation collective à Paris

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Le mercredi 6 avril 2016Maison du Geste et de l’Image, Paris (75).

  • 5 participantes issues du milieu culturel et développant des interventions artistiques en milieu social
  • Avec Laure Canaple
  • Durant 2h
  • Les thématiques abordées : l’enfance, l’amour fraternel, le secret, l’expérimentation…
  • Images proposées : Changing experience (from the series Brother and Sister), 2015. © Viktoria Sorochinski

La Maison du Geste et de l’Image a accueilli ce mercredi à Paris la quatrième formation de l’année à l’outil Les Mots du Clic. Le rendez-vous est donné salle Fontaine pour une session de jeu exclusivement féminine. Au terme de l’explication du cadre ludique, les questions fusent et les réflexions se bousculent. Le ton est donné pour cette parenthèse de jeu où l’échange et la créativité seront les maîtres-mots.

L’image proposée suscite rapidement la curiosité des regardeuses par sa composition, la rencontre de ses lignes, le travail des plans, ou la multiplication de cadres. Pas de doute possible : il s’agit d’une mise en scène savamment étudiée. Au terme d’un long échange quant à la caractéristique principale à retenir, comprenant entre autres une délibération sur l’action ou un litige relatif à la lumière, c’est la construction qui sera finalement retenue collectivement comme caractère distinctif de la photographie. L’apparence de cette dernière ne tardera pas à être définie de concert, dans la logique des échanges précédents : cette construction et ses motifs se répètent si inlassablement qu’ils semblent contaminer le hors-champ.

Pour les participantes, la composition construit l’image tout autant qu’elle guide et accompagne l’œil. Rien n’est laissé au hasard, y compris le jeu de regards sur lequel s’attardent maintenant les observantes. Elles se heurtent cependant à une réserve commune, la complexité de la construction comme fil rouge du jeu, et regrettent de devoir maîtriser leur regard en ce sens. L’action raconte une histoire, c’est désormais un acquis pour les joueuses. Mais quelle intention l’auteur a-t-il pu prêter à cette construction si banalisée, outre sa fonction de conductrice du regard ?

Les argumentations se suivent, les doutes se dissipent. Pour les joueuses, la construction de l’image vient révéler un imaginaire, leur imaginaire, voire matérialiser les liens affectifs noués entre les deux protagonistes dans le secret de cette pièce sombre et cloisonnée. Difficile enfin, pour ces observantes inspirées, de s’accorder sur un seul et unique référent. Le choix collectif se porte d’abord sur poésie, amour, secret, vie, imaginaire, sentiment, et enfin « enfance » que l’une des participantes a rapidement soumis à l’avis des autres. L’étau se resserre finalement sur poésie, enfance, secret, et imaginaire. Bien que divisées, les participantes fixent finalement leur décision sur l’enfance, qui pour toutes constitue le terme le plus ouvert offert à leur réflexion, englobant en passant les autres référents laissées sur le bas-côté.

 

Viktoria Sorochinski s’inspire de relations bien réelles pour ces mises en scène qui recèlent aussi bien du réel que du conte populaire. C’est durant son séjour à Halsnoy Kloster lors une résidence artistique en Norvège qu’elle fait la rencontre de Marte et Mathias, les enfants présents sur l’image. Sa série « Brother and Sister » se fonde sur ses observations personnelles de leur relation, ses propres souvenirs d’enfance, ou encore des travaux de psychologie sur la notion de fratrie. Elle donne ici à voir un conte de fée moderne, un voyage dans l’inconnu où les deux protagonistes apprennent à se connaître l’un l’autre, se frôlent aux notions de bien et de mal, appréhendent la différence qui à la fois les séparent et les rassemblent, et finalement se livrent aux expérimentations du monde de l’enfance.

 

« La construction permet la répétition d’une forme imbriquée l’une à côté de l’autre ou l’autre dans l’autre qui permet de révéler l’image à différents niveaux, crescendo du premier plan aux autres plans. Cette construction met en relief un jeu d’enfants, en souvenir de l’enfance. » (Marie)
« La construction de cette image apparaît à force de répétitions qui permettent crescendo de découvrir les cadres qui se superposent l’une dans l’autre, se juxtaposent. L’auteur ainsi tente de révéler le monde de l’enfance dans le secret de cette pièce entre lumière et obscurité. » (Anne-Laure)
« La construction de l’image se caractérise par la répétition de cadres enchâssés les uns dans les autres se dévoilant crescendo aux yeux du spectateur. Le photographe semble, par ce dispositif, révéler une vision de l’enfance oscillant entre construction et déconstruction de soi-même. » (Laure)

 

Pour devenir vous aussi médiateur du jeu, découvrez par ici le calendrier des formations !

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