Formation collective à Givors

Céline Duval, directrice de Stimultania et médiatrice de l'outil Les Mots du Clic © Laure Canaple

Le mercredi 2 mars 2016La Mostra, Givors (69).

  • 19 participants issus des mondes du professorat des écoles, de l’animation socio-culturelle, et de la photographie.
  • Avec Matilde Brugni, Céline Duval, Laura Cassarino et Agathe Kervadec
  • Durant 2h
  • Les thématiques abordées : l’identité, la condition humaine et la relation modèle/photographe
  • Auteurs proposés : Payram / Olivier Roller / Charles Fréger

 

Toute l’équipe de Stimultania s’est réunie à Givors à l’occasion de l’exposition « Black Mirror » d’Éric Antoine. Une belle occasion de faire d’une pierre deux coups en aménageant un moment de formation, ouverte et gratuite, à l’outil à destination de la population givordine.

Toutes les attentes aussi éclectiques qu’elles soient ont été comblées : une envie de rencontrer et d’échanger avec divers interlocuteurs professionnels, la possibilité d’acquérir un nouvel outil de médiation et des pratiques pédagogiques innovantes.

Chaque participant se prête à la situation de l’apprenant et découvre une image qui lui est inconnue.

Cet atelier s’inscrit dans la compréhension des artistes qui cherchent à façonner le monde : portraits singuliers et révélateurs d’une identité propre.

Un des groupes s’est ainsi réuni autour d’une photographie de Payram, exposé actuellement à Stimultania. L’homme recouvert de poussière semble presque se confondre avec le mur en arrière plan, comme s’il était fossilisé, comme s’il était devenu pierre. Livrant ses premières impressions, l’une des participantes y voit « un tailleur de pierre ». Le visage de cet homme, marqué par le temps et le labeur, évoque la dureté d’une tâche répétitive et interroge sur les conditions de travail des ouvriers syriens.

« L’équilibre des couleurs noir et blanc arrivant crescendo permet au sujet et au fond de se mêler l’un dans l’autre pour révéler cet homme dans sa condition sociale et nous questionner sur son histoire. »

Un autre des groupes s’est penché, quant à lui, sur une photographie de Charles Fréger : un jeune homme vêtu d’un uniforme, arme à la main, regard dans le vague, semble figé devant une série d’affiches en noir et blanc. Les détails soulèvent dès lors une question essentielle dans l’esprit des participants : de quoi parle-t-on dans cette image ? Conditionnement, sécurité, identité. La charge symbolique de l’arme n’a pas laissé le groupe indifférent et a créé le débat autour de la dérive sécuritaire, de la banalisation de la violence, et de la jeunesse en quête de sens. Les pistes sont lancées et c’est par la carte-mot « idée » que le groupe poursuivra son analyse.

Le dernier groupe s’est vu proposer un portrait extrait de la série « FACE(s) » d’Olivier Roller. Tourné de trois quarts, un homme aux cheveux grisonnants et à la peau blanchie par la lumière, regarde hors du cadre défini par le photographe presque abasourdi par ce qu’il semble voir. Quelle est la nature de ce portrait : portrait grotesque ou naturel ? Pour certains, le choix d’un gris neutre à l’arrière plan ainsi que le traitement en noir et blanc expriment une douceur et donnent de l’harmonie à l’image. Pour d’autres, la posture féminine de l’homme et son air ahuri s’avèrent dissonants et donnent à voir une rupture entre le corps dénudé et le visage expressif de l’individu. Olivier Roller ici révèle une autre facette de l’individu sous une lumière inhabituelle et suscite l’amusement.

La séance s’achève sur un échange entre les groupes : le jeu a invité chacun à se confronter à la vision de l’autre, à s’engager et à assumer sa position. Au-delà d’orientations et d’envies différentes, une volonté commune de prendre du temps autour de la transmission et de l’enseignement à l’image est ressortie de cette expérience.

 

 

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