Formation civique et citoyenne

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Le jeudi 24 mars 2016 – Stimultania, Strasbourg (67).

  • 6 volontaires en service civique issus des secteurs culturel et social
  • Avec Laura Cassarino et Laure Canaple
  • Durant 2h
  • Les thématiques abordées : la condition sociale, la représentation féminine, la ségrégation raciale, le détournement…
  • Images proposées : A sign of the Times – Depression – Mended Stockings, Stenographer, San Francisco, 1934 © Dorothea Lange  /  Hold’up in Hillbrow, Johannesburg, Novembre 1963 © David Goldblatt

 

Six volontaires en service civique ont pris part le jeudi 24 mars dernier à la Formation civique et citoyenne proposée et accueillie par Stimultania. Dans le cadre de cet après-midi dédié à l’image et à ses enjeux, l’intervenante Laura Cassarino a proposé une animation théorique et pratique sur la rôle de l’image dans l’intervention sociale, l’approche de publics empêchés ou l’utilisation d’outils pédagogiques innovants à l’instar du jeu Les Mots du Clic.

A l’issue d’une approche théorique de la photographie sociale à travers sa dimension historique ou divers exemples de médiation culturelle, les volontaires en service civique ont pu découvrir en pratique le rôle majeur de la photographie dans le cadre d’interventions artistiques en milieu social. La pratique du jeu Les Mots du Clic a permis aux participants de saisir l’intérêt de l’image dans la compréhension de son environnement tout en facilitant les échanges sur les utilisations de chacun et les applications possibles dans leurs projets respectifs.

Divisés en deux groupes, les six volontaires se sont ainsi confrontés à deux images toutes deux rattachées à la photographie sociale. Cette branche du photojournalisme entend témoigner en faveur des victimes de phénomènes sociaux et contribuer à la résolution des problèmes. La première image proposée à la lecture, capturée par Dorothea Lange, illustre avec finesse les effets de la Crise par un détail. Celui-ci, frappant, des bas reprisés d’une sténographe, nous offre une vision non dénuée d’humour sur la réponse qu’apporte une femme de l’époque dans ces circonstances difficiles.

« Ces jambes, proches du spectateur (de nous) et proches entre elles, sont habillées de bas et de chaussures dont les détails et les aspérités révèlent crescendo le mouvement silencieux de ce corps, la tension et la beauté qui s’en dégage. » (Oscar)
« Lorsque l’on se rapproche des jambes de cette femme, on remarque des détails très discrets tels que l’usure des collants qui part des pieds et remonte petit à petit vers le haut du corps. L’usure de ses collants remonte vers le haut du corps comme si ils voulaient nous révéler quelque chose. » (Mélanie)

La seconde image apporte quant à elle un témoignage de la vie quotidienne en Afrique du Sud sous l’Apartheid. David Goldblatt explore ici les relations que tissent les individus d’ethnies différentes dans le contexte de la décolonisation. Les participants ont ainsi pu s’interroger, sans connaissance aucune du contexte de l’image, sur l’intention de cet enfant, de type caucasien, tenant en joue avec amusement l’homme noir qui lui tourne alors le dos. L’objet du crime les sépare tout autant qu’il ne les rapproche, créant un point de rencontre de deux mondes sociaux socialement et politiquement opposés. Cette scène, quasi-quotidienne dans le contexte de l’époque, reflète pour tous notre société actuelle et ses travers, à savoir la banalisation de la violence – aussi physique que symbolique, le pouvoir de domination, ou encore la loi du plus fort.

« Cette photographie représente une action étonnante et simultanée, détournée de façon comique et amusante. On est très proches des personnages en étant à la hauteur du petit garçon. De même le photographe cherche à représenter plusieurs phénomènes de société. La question raciale, le plus grand / le plus petit, la position de force, le style de jeu enfantin pratiqué à l’époque, la classe sociale. » (Elodie)
« Cela représente une action détournée mettant en lumière et de près la simultanéité de la représentation de la société à la période où a été prise la photo. » (Jonathan)

La formation se conclut par une mise en commun des impressions de chacun des participants, des interrogations, et enfin des réflexions sur la résonance de cet outil et de ses implications avec les projets et ambitions qui occupent les désormais médiateurs.

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